Par communique de presse diffusé sur le site du Ministère de l'écologie le 23 juillet dernier, le Ministre Jean-Louis BORLOO présentait un plan de relance de la production hydroélectrique française. Ce plan constitue la première étape de l’exercice de programmation énergétique pour 2020 élaboré à l'occasion du Grenelle de l'Environnement.

Longtemps laissée pour compte de l'énergie renouvelable, la relance de l’hydroélectricité s'articule autour de trois maillons fondamentaux:
  • la mise en concurrence des concessions (Le plan de relance prévoit en effet le renouvellement des concessions des 400 plus grands barrages français.)
  • le soutien massif de l’Etat aux investissements effectués dans les barrages.
  • la reconquête de la qualité des eaux des fleuves et des rivières français contenu (et là aussi, il y a du travail à faire !)
La France dispose ainsi d'une feuille de route en matière d’approvisionnement en énergie, confortant du même coup, son vaste programme d’équipement en énergies renouvelables.

"Face aux urgences climatique et énergétique, la France doit disposer d’une énergie sûre, compétitive et non émettrice de gaz à effet de serre" rappelle le communiqué du Ministère.

Première source d'énergie renouvelable, l'hydroélectricité permet non seulement de stocker l'énergie sans émettre de gaz à effet de serre, mais elle permet surtout de moduler la production électrique.

Les nouvelles technologies ne permettent pas encore de stocker l'électricité de façon durable. L'hydroélectricité présente donc cet atout considérable d'être capable de moduler quasiment instantanément la puissance produite et injectée sur le réseau.

"L'hydroélectricité, lorsqu'elle est associée à un réservoir (lac, barrage, etc.), est la seule énergie renouvelable modulable, avec de surcroît la possibilité de faire monter très rapidement la puissance électrique produite. Elle joue un rôle crucial dans la sécurité et l'équilibre de notre système électrique" rappele encore le dossier de presse du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire.

Pour peu que le petit et le micro hydraulique fassent l'objet de meilleures incitations financières dans les années à venir, au même titre que d'autres énergies renouvelables, l'investissement environnemental laisse présager de beaux jours à l’émergence de filières en énergies nouvelles. EDF, dans le cadre des missions de service public conventionnées avec l'Etat, rachète le kWh d'origine hydraulique à un prix inférieur aux filières de production d'origine solaire (voir les prix ici) .

Pur info, les 399 concessions hydroélectriques représentent une puissance de 23 500 MW et une production moyenne de 62,6 TWh/an. EDF est titulaire de plus de 80 % des concessions hydroélectriques, le groupe Suez, par le biais de la CNR et de la SHEM, de 12 %, les derniers 8 % étant des petites installations concédées à des producteurs indépendants. Il y a donc encore des places à prendre...